La Tour d’Ostrevant

tour-ostrevantLa Tour d’Ostrevant, est le plus important des vestiges de Bouchain.
Elle fut édifiée dans la 2nde partie du XIIè siècle, par le comte de Hainaut Baudouin IV dit l’Edifieur pour son fils Baudouin V qui l’acheva, et fit entouré Bouchain d’une enceinte.
Dès le XIIIè, elle fut la résidence seigneuriale et site défensif avec tour de guet.
C’était à l’origine une tour barlongue (plus longue d’un côté que de l’autre) de 19m de long, 16m de large, en pierres blanches d’Avesnes le Sec.
Au rez de chaussée, une salle basse à laquelle on accédait depuis le 1er étage, où on stockait les réserves.
En partie supérieure, la résidence du seigneur accessible par un escalier escamotable en cas d’attaque ennemie, avec salle de réception, appartement, fenêtres et cheminée.
Il y avait un 2nd étage (un escalier partait du 1er étage) dont on ne connait pas l’usage, la Tour ayant été arasée par la suite.
Aux angles de la Tour, 3 tourelles de contrefort carrées, et une 4ème (côté rue d’Ostrevant) renfermant un escalier à vis.
Après 1530, Charles Quint la fait convertir en batterie d’artillerie. La partie supérieure est arasée (elle fait désormais 15 m de haut), les tourelles ouest et sud sont abattues, les murailles sud-ouest et sud-est sont renforcées de parois en pierre blanche de 5 m d’épaisseur à la base, et de grès et brique pour la tourelle ouest.
Au rez-de-chaussée, une prison est aménagée.
La tour est remplie de terre, et la plate forme reçoit les pièces d’artillerie.
Après 1676, Vauban modernise les défentes et fait construire la poudrière (à droite sur la photo) et la caserne (à gauche).
En 1738 et 1739, la Tour est vidée, les murs consolidés (passent à 7m d’épaisseur et 17m de haut), les salles voûtées en brique sur trois niveaux sont aménagées, une ouverture circulaire à chaque niveau permet la communication entre les étages par des échelles.
Le rez de chaussée sert au stockage de matériels divers ; le 1er et 2nd étage logeront en temps de siège l’état-major et les officiers (d’après une lettre de M. de St Perier).
Vers 1740 : édification d’un petit clocheton « le beffroi » au sommet de la tourelle estoù se trouve un escalier en colimaçon, qui fut supprimé définitivement en 1852.
1851-1852 : réparations des parements et escalier extérieurs face ouest.
Fin XIXè, (exactement 1894) les fortifications sont démantelées, mais la Tour est préservée.
Elle subira des dommages durant les 2 guerres mondiales.
En 1939, la Tour est couverte d’une chape de béton armé afin de la préserver des bombes, et une tourelle blindée y apparait.
En mai 1940, le 45è Régiment d’Infanterie y résistera 8 jours face à l’armée allemande, mais le batiment ne subit pas trop de dommages alors que la ville tout autour était en ruine.
Hitler y vint avec son état major, afin de se faire expliquer le déroulement des combats qui bloquèrent son armée.
Depuis 1973, un musée animé par l’association « les Amis de Bouchain et de son Musée » est installé dans la Tour, au rdc et 1er étage ; par sécurité, le 2nd étage n’est plus accessible, mais des vestiges du XIIè siècle y subsistent.
De 1985 à 1989, d’importants travaux de sauvegarde furent entrepris.
Elle resta de peu d’intérêt pour les amateurs d’architecture médiévale jusqu’en 1993, lorsque l’architecte des bâtiments de France Frédéric Aubanton, conscient de  l’intérêt de l’infrastructure médiévale de l’édifice, entreprit une opération de sauvegarde ; elle fut l’occasion d’une campagne de relevés et d’une étude d’histoire et d’archéologie monumentale confiée à Christian Corvisier.
En 1981, La Tour fut classée Monument Historique.
Elle est aujourd’hui « Musée de France » et abrite de nombreux objets provenant de dons privés, de découvertes suite à des fouilles.
Au rez de chaussée : Objets sur la batellerie, la vie aux siècles passés, des métiers anciens tels le bourrelier ou le menuisier
Au 1er étage : souvenirs de guerre : l’occupation danoise de la fin 18ème, 1ère et 2nde guerres mondiales avec notamment des documents concernant la venue de Adolf Hitler en 1940.
vieux objets de la poste, l’harmonie de Bouchain (telle la 1ère bannière de 1839), …

(sources : www.bouchainpatrimoine.com)